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Éducation

Les médicaments : un nouvel enjeu géopolitique | Lumni

YouTube3:13publiée le 14 oct. 2026

Lumni

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Rivalités ou coopérations des puissances internationales, enjeux économiques et stratégiques, conflits frontaliers, crises régionales, softpower... Face à un monde instable, La géopo en 4' chrono t'aide à décrypter et à prendre du recul sur l'actualité géopolitique ! ▶️ https://bit.ly/4y5OVQU Le médicament n'est pas qu'une affaire de santé : c'est devenu un enjeu de géopolitique majeur. Derrière les comprimés et les gélules, se cache un monde de dépendances, de stratégies et de conflits entre les pays occidentaux et les pays du Sud. On te décrypte la situation dans La géopo en 4' chrono 👇. *Médicaments : dépendance aux chaînes d'approvisionnement asiatiques* Dans les pays de l'Union européenne, 80% des médicaments que nous importons viennent d'Asie. Les principes actifs (les molécules qui soignent) sont quasiment tous fabriqués en Chine. Et pour les médicaments génériques - c'est-à-dire des répliques à moindre coût de molécules déjà existantes -, 20% d'entre eux sont produits en Inde. Avec l'épidémie de Covid-19, les États occidentaux ont pris conscience de leur perte de souveraineté sanitaire. La pandémie a mis en lumière la fragilité des chaînes de production très mondialisées et très concentrées qui peuvent s'interrompre au moindre blocage. Comme en cas de guerres, de tensions commerciales ou de catastrophes naturelles. Les pénuries de médicaments, rares avant 2017, se sont multipliées à partir de 2021 : antibiotiques et antidépresseurs manquent dans de nombreuses pharmacies. *Brevets pharmaceutiques et inégalité de l'accès aux soins :* En plus de cette dépendance à la Chine et l'Inde pour la fabrication des médicaments, certains pays, comme les pays du Sud, doivent composer avec une autre problématique, celle des brevets. De quoi s'agit-il ? Quand un laboratoire découvre une molécule, il dépose un brevet qui lui accorde un monopole temporaire pour la produire et la vendre au prix qu'il choisit. Par exemple, en 2013, le laboratoire américain Gilead Science a commercialisé un médicament contre l'hépatite C : 41 000 € pour un traitement de douze semaines. À l'époque, des associations comme Médecins du monde ont attaqué ce brevet en expliquant qu'il rendait impossible son utilisation dans de nombreux pays, en raison de son coût trop élevé. En cas d'urgence, pour échapper à ces prix élevés, la déclaration de Doha autorise depuis 2001 à produire des médicaments à moindre coût sans l'accord du détenteur du brevet. C'est ce qui s'est passé pour le Brésil en 2007, pour soigner des patients porteurs du VIH. *Pouvoir des labos pharmaceutiques dans la vente des vaccins et médicaments :* Dans l'accès aux médicaments, tout est donc question de pouvoir d'achat. Les laboratoires vendent aux plus offrants. Ce qu'a également illustré la pandémie de Covid-19. Six mois après les premiers confinements, en 2020, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l'Union européenne, l'Australie, Hong-Kong, la Suisse et Israël avaient déjà réservé plus de la moitié des vaccins disponibles. Ces pays ne représentent pourtant que 13% de la population mondiale. Une attitude alors jugée « égoïste » par le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce sont finalement la Chine et l'Inde qui ont vendu des vaccins moins chers à certains pays du Sud. Cette stratégie commerciale leur a permis de renforcer leurs alliances et de valoriser leur image aux yeux du monde... Même si, en réalité, l'Inde a cessé ses livraisons lorsqu'elle a, elle-même, été touchée par une nouvelle vague de l'épidémie. Le choix politique de l'époque a été de favoriser le marché intérieur, et de soigner en priorité son importante population. ► Le médicament soigne, soulage, prévient et sauve des vies. Mais il pèse aussi sur les équilibres mondiaux. Le défi de demain est clair : innover, partager… et garantir à chacun l'accès aux soins.

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